L’édition 2020 du Panorama Top 250 des éditeurs et créateurs de logiciels français, organisé par Syntec Numérique, a dressé un bilan plutôt positif pour les éditeurs de l’Hexagone, en particulier au cœur de la crise inédite que traverse le monde. Le changement d’optique d’un nombre grandissant d’entreprises vis-à-vis des solutions SaaS et le recours au travail à distance ont soutenu l’activité du secteur, qui affiche une croissance intéressante.

Une croissance pré-crise qui ne se dément pas

Le bilan 2019 est positif : l’année passée, l’ensemble des 350 éditeurs de logiciels du panel ont enregistré une croissance de CA de 8%, soit 1 point de plus qu’en 2018. Les performances sont inégales selon les typologies de contributeurs, les éditeurs dits « horizontaux » jouant le rôle de locomotive : les suites logicielles taillées pour des secteurs variés (finance, services,…) ont en effet permis d’assurer une couverture des besoins plus large, et donc un revenu stable malgré la baisse d’investissement logiciel dans certains domaines d’activité.
Les éditeurs de taille moyenne, dont le CA s’échelonne entre 50 et 100 millions d’euros, s’affirment comme les structures les plus dynamiques : agiles et innovants, certains acteurs du panel (tels que Talentsoft et Ivalua) réalisent des performances notables.

Des projections optimistes pour 2020

Les éditeurs font fi de la crise : trois quart d’entre eux n’envisagent aucune décroissance, et 34% estiment à plus de 10% leur future progression sur 2020. Si cette bonne santé rassure, elle peut également surprendre. Principale raison de ces résultats : la crise sanitaire, qui a fait naître des tendances insoupçonnées, favorisant l’utilisation des solutions SaaS pour les travailleurs confinés (lien).

La situation inédite a accéléré la prise de conscience, par certaines entreprises, de l’urgence de se digitaliser. Les sociétés résistant le mieux à la baisse d’activité actuelle sont celles qui disposaient déjà d’une infrastructure agile et digitalisée. Les entrepreneurs à la traîne, quant à eux, s’équipent rapidement pour surmonter la crise. Le bilan est éloquent : 40% du mix de CA est réalisé par des solutions SaaS, un chiffre qui n’était que de 15% au début de la décennie.

Le recrutement reste un sujet d’actualité pour les éditeurs du Top 250, qui ont vu leurs effectifs augmenter de 12% en 2019 et prévoient, pour la plupart, d’embaucher de nouveaux collaborateurs en 2020. Très convoités, les développeurs sont un soutien essentiel à la transition digitale et une arme de premier choix pour booster sa R&D.

Cette édition pointe également le profil encore très franco-français des éditeurs du classement. Le panorama met en évidence une contribution au CA international relativement faible de la part des éditeurs de moins de 100M€ de CA. A quelques exceptions près, ceux-ci possèdent effectivement une offre au socle peu adaptable aux marchés étrangers. D’autres contributeurs, ayant dès les prémices intégré une approche internationale, se développent de manière intéressante hors de l’Hexagone — parmi eux, on peut citer LumApps et HiveBrite, ce dernier ayant justement reçu le Prix de l’internationalisation pour son implantation solide aux Etats-Unis.

Très influencé par les contributeurs de plus de 100M€ de CA, donc, le mix de CA du panel est réalisé à 43% en France, à 27% sur la zone EMEA et à 21% sur le continent américain.

Talentsoft et Lumapps, de brillants lauréats qui surfent sur la vague

Parmi les éditeurs décorés cette année, Talentsoft et Lumapps, s’illustrent aujourd’hui brillamment pour leur capacité à générer plus d’agilité. Lauréat du prix SaaS, Talentsoft et sa plateforme SaaS unifiée pour une gestion RH cohérente est largement plébiscité par les utilisateurs : cette réussite est le témoin des changements de mentalité opérant à l’heure actuelle et du besoin grandissant de solutions SaaS. Elle illustre par ailleurs la nécessité de placer l’humain au cœur des entreprises, avec un recrutement ultra-qualifié et une vraie gestion des carrières qui met en cohérence le profil des salariés avec des besoins en plein changement.

Forte du soutien de Google, la start-up Lumapps fournit quant à elle un intranet innovant et entièrement collaboratif au cœur de la suite logicielle du géant américain. Déjà décoré au Google Cloud Partner Summit, l’éditeur s’affranchit de la seule reconnaissance de Google et démontre sa capacité à innover de manière remarquable.

Le palmarès 2020 et le bilan de cette édition du Top 250 reflète ainsi parfaitement les évolutions d’un marché logiciel qui se réinvente. Le changement est rapide et profond pour des entreprises qui se tournent aujourd’hui massivement vers les solutions SaaS : il est à parier que l’année à venir réserve encore d’intéressantes surprises aux éditeurs de logiciels français.