L’industrie 4.0 progresse, dévoilant en permanence de nouveaux atouts précieux pour les industriels. Avec des investissements dans les usines connectées estimés à 400 milliards de dollars d’ici 2025, beaucoup affichent leur volonté de prendre la tête dans la course à l’innovation. En France et dans le monde, cependant, la démarche est parfois mal initiée et le bilan est pour l’instant mitigé. Au-delà de la simple modernisation de l’organisation, c’est toute une stratégie qui doit être repensée autour du client. L’objectif : choisir les bons outils et tirer le meilleur parti de l’infrastructure existante, en particulier pour les entreprises fragilisées par la crise.

Etat des lieux d’après-crise de l’industrie 4.0

Les entreprises françaises, en pleine situation de crise, tentent aujourd’hui de faire repartir leur activité à plein régime avec le retour bienvenu de la consommation. La tâche requiert d’autant plus d’agilité pour les entreprises pourvues d’une chaîne de production traditionnelle. Celle-ci pâtit en effet d’une certaine inertie au moment de la reprise. Les actions menées doivent être rapides et ciblées pour répondre à une demande continue et à des exigences que le contexte actuel n’a en rien réduites. Outre la nécessité de personnaliser davantage les produits, les enjeux de qualité et d’information restent forts, intensifiés par les craintes des consommateurs face au contexte sanitaire. Bien que la digitalisation des entreprises soit largement entamée, le bilan est en demi-teinte en ce qui concerne l’usine 4.0.

La nécessité de se digitaliser rapidement pour les industriels

Aujourd’hui, seuls 10% des fabricants mondiaux peuvent se targuer d’une infrastructure entièrement digitalisée. Parmi les autres, une grande majorité — 65% selon une étude de PwC — Digital n’en est qu’aux prémices de la transformation numérique. L’importance d’agir vite est grande : selon une autre étude de Siemens Financial Services, un cap important sera franchi au milieu des années 2020. La moitié des fabricants auront alors digitalisé leurs installations. Une fois ce moment clé atteint et le virage de l’industrie 4.0 réellement amorcé, les écarts se creuseront et les entreprises retardataires accuseront un désavantage quasi-irrattrapable. L’évolution du numérique, toujours plus rapide, promet des changements rapides et radicaux. De nombreuses entreprises pourraient mettre la clé sous la porte si elles ne parviennent pas rapidement à tirer parti d’une infrastructure intelligente.

Les enjeux pour ne rien manquer de la transition vers le 4.0

Beaucoup de décideurs manquent encore de clairvoyance sur les réels enjeux de l’industrie 4.0. La transformation interne est certes une partie essentielle de la transition, mais celle-ci doit s’articuler autour d’autres objectifs. Les synergies et la transparence, en premier lieu, sont encore peu exploitées par des industriels qui communiquent peu entre eux. L’échange de données avec fournisseurs et distributeurs est pourtant l’une des clés pouvant démultiplier le pouvoir de l’usine connectée.

Cette suppression des silos traditionnels, déjà entamée en interne par de nombreuses entreprises, s’applique aussi à la relation entre sociétés partenaires. L’emploi de plateformes collaboratives et l’échange dynamique de données ont jusqu’à présent été adoptés par 40% des entreprises. Cette relative minorité qui témoigne pourtant de résultats très concluants.

Un autre point parfois bloquant est le changement de perspective qu’impose cette transition digitale. Dans des secteurs souvent profondément techniques, les mentalités doivent évoluer en peu de temps et les stratégies se recentrer autour du client. La finalité de l’usine connectée n’est plus seulement la fabrication de produits, mais celle d’une solution complète. Pour mettre en parfaite adéquation les procédés de fabrication avec la demande, il est essentiel de se concentrer sur le besoin des consommateurs. Un besoin qui, on le sait, est aujourd’hui à la personnalisation et au service ajouté.

Un changement de business model et une prise de recul

Les entreprises qui tardent à effectuer la transition sont invoquent bien souvent de mauvaises raisons. Malgré l’effort humain et financier que requiert le passage à l’usine connectée, les effets sur la rentabilité et la productivité se font vite sentir. L’agilité de production se double d’un avantage concurrentiel toujours plus important à mesure que l’entreprise utilisatrice gagne en expérience. Les fabricants capables de prendre le train de l’innovation suffisamment tôt pourront sans effort intégrer les évolutions du futur. La tâche sera plus ardue pour celles qui adopteront les outils digitaux sur le tard.

L’industrie 4.0 est également synonyme de longévité pour les équipements et de meilleure allocation des ressources. L’assistance d’outils numériques permet de mieux optimiser les entrepôts : rappelons que plus de la moitié des industries utilisatrices déclarent occuper plus de 80% de leur capacité de stockage. L’introduction de solutions intelligentes peut permettre aux fabricants de faire mieux sans investir davantage en capacités de production.

Un tournant inévitable pour les uns, une opportunité pour les autres

Certains secteurs sont très matures en termes de digitalisation. L’automobile ou l’électronique, pionniers en la matière, ont très tôt dû faire usage de l’automatisation. Pour d’autres, les encouragements des autorités à effectuer leur transition numérique sont source d’inquiétude. Si une majorité de dirigeants se disent confiants dans l’avenir, le besoin de formation et les questions de cybersécurité sont une réalité à laquelle il faut se préparer.

Avec 50 milliards d’objets connectés en usage dans le monde d’ici 2025, le tournant est imminent. Pourtant, celui-ci doit être vu comme une opportunité par les fabricants. La digitalisation ouvre de nouvelles perspectives pour des structures jusque-là menacées par les crises successives. Soutenues par une bonne prise en compte de la continuité de l’information et le choix d’outils numériques adaptés, celles-ci ont la chance de voir enfin une lumière au bout du tunnel.